Fêtes de fin d’année : guide de survie pour personnes tristes

J’ai beaucoup hésité avant de publier cet article… (et je ne suis pas à l’abri de le supprimer !). Ce qui est sur c’est que je ne vais pas gagner un concours de popularité avec un titre pareil ! C’est le 4ème Noël que je passe sans ma mère et si en quelque sorte je m’y suis « habitué », c’est encore une période de l’année que je redoute. Noël dans l’univers collectif c’est la famille, les cadeaux qu’on s’échange, la joie, le bonheur… bref une belle pub coca qui ne reflète pas toujours la réalité.

Pour moi cette période de l’année est particulièrement chargée en souvenirs (je passe mon temps à me rappeler telle recette que l’on avait cuisiné ensemble à Noël, nos virées de christmas shopping, et soirée à boire du thé de Noël et boulotter des papillottes devant un vieux film…) qui plombent facilement l’état d’esprit léger et joyeux que l’on attribue généralement à cette période.

L’avantage après 4 ans c’est que j’ai une certaine « expérience ». Et parce que je sais que je ne suis pas toute seule dans ce cas je voulais partager avec vous mon petit guide de survie pour fêtes de fin d’année.

1) It’s ok to be sad

Je pense que c’est le point le plus important et celui que je me répète constament ces dernières semaines. Depuis deux mois nous sommes matraqués par des images de joie, de famille… « it’s the most wonderful time of the year » et tout ça. Ce qui peut créer un énorme décalage entre ce que l’on ressent et les émotions que l’on est censé ressentir.

Pourtant, il est normal de penser plus que d’habitude à la personne qui nous manque, aux souvenirs que l’on ne pourra jamais recréer… Je pense que pas mal de personnes comme moi ont le reflexe de prétendre que tout va bien, de ne pas imposer leur tristesse à autrui. Et si pour une fois vous vous autorisiez à être triste, à pleurer, à dire que non ça va pas trop en ce moment… Ne pas refouler constament ses sentiments sous peine d’étouffer.

2) Passer du temps avec les personnes qui partagent votre deuil

C’est difficile de parler d’une personne que l’on a perdu. Coyez moi, je connais. Personne n’a envie d’être CETTE personne, celle qui casse l’ambiance, qui rappelle à tout le monde qu’elle a vécu quelque chose d’horrible.

L’un des effets pervers du deuil, c’est aussi que les personnes autour de vous n’ose plus vous parler de la personne que vous avez perdue de peur de vous blesser. Cela part évidemment d’une très bonne intention, pour autant ce n’est pas forcément ce dont la personne en deuil a besoin.

A force de ne jamais parler de ma mère, j’ai peur de l’oublier, de ne plus me rappeler tous ces merveilleux moments passés avec elle. En parler c’est continuer à la faire vivre un peu. Il est souvent plus facile d’évoquer ces souvenirs avec des personnes qui traversent la même chose que vous, en particuluer à cette période de l’année.

3) Continuer certaines traditions…

Une autre façon de continuer à faire vivre le souvenir d’une personne disparue.
J’en ai déjà parlé ici, ma mère nous  fabriquait un calendrier de l’avent maison tous les ans (même quand nous étions à la fac !). Depuis son décès, ma soeur et moi nous avons décidé de continuer la tradition en nous offrant l’une l’autre un calendrier de l’avent fabriqué maison (même si je suis loin d’avoir hérité des talents artistiques maternels !). Je suis très fière de perpétuer cette tradition qu’elle avait instauré. Comme un lien qui existe encore entre nous.

4) … et en créer de nouvelles

Pour autant ce n’est pas non plus facile de s’accrocher à des traditions qu’il est difficile de perpétuer. Essayer de recréer ce qui n’est plus peut être très fatigant émotionnellement. Changer les choses, créer de nouvelles traditions, ça ne veut pas non plus dire effacer les anciennes.

5) Dire non

Vous l’aurez compris je l’espère, cet article prône avant tout la bienveillance avec soi-même. Et cela peut aussi signifier dire non à des proches, par exemple en refusant d’assister à une soirée de Noël entre amis parce que l’on n’est pas du tout dans un mood festif.

Pour moi, cela veut dire notamment préférer passer la soirée de Noël avec ma famille très proche quitte à vexer d’autres personnes. A vous de choisir ce qui vous fait du bien.

6) It’s ok to be happy

De la même manière que vous avez le droit de pleurer, vous avez aussi le droit de rire. Ce n’est pas parce que vous avez perdu quelqu’un que vous devez passer votre temps à pleurer. C’est totalement cliché mais je suis sure la personne que vous avez perdu préfèrerait vous savoir heureux. Il n’y a pas à culpabiliser de passer un bon moment !

Si vous etes concerné par cet article de près ou de loin, n’oubliez pas, vous n’êtes pas seul ! Je pense très fort à vous !!

8 commentaires

  1. Argh, j’ai écrit et effacé 10 fois le mot que je voulais t’écrire car je trouve pas les mots. Ton article est très beau et je pense fort à toi et si tu veux faire un truc pas du tout Christmassy, si t’as besoin de te changer les idées, si je sais pas quoi, hésite pas à faire signe (de mon côté, je cherche toujours un mot d’excuse pour ne pas faire Noël cette année mais on me dit que je l’aurais pas et que je vais m’y cogner >_<).

  2. Pour ma part, c’est le premier commentaire que je laisse sur votre blog et je vous confirme que vous avez bien fait de publier cet article…! Vous en parlez très bien, le souvenir n’est pas que dans la tête et en parler permet de rire, de se rappeler de bons moments…! Je n’ai pas perdu mes parents mais je redoute, le vide que cela laissera…! Bonnes fêtes !

  3. Il est naturel de repenser à tous les bonheurs connus avec une personne chère et de les revivre après quatre ans et plus, il n’y a pas de honte à avoir.
    Pour les souvenirs, il me semble important de les écrire, pour que le temps ne puisse pas les diluer et les avoir écrit en fait une sorte de livre de chevet à lire précieusement.

  4. Juste un petit mot pour t’envoyer tout mon réconfort. Je fais partie de ceux qui peuvent malheureusement te dire « je comprends ». J’ai perdu mon père il y a 8 ans et demi.
    Honnêtement, je ne sais pas si j’adorais Noël avant. Mais ce que je sais, c’est que depuis, je n’aime plus trop ça. Les premières années, j’ai beaucoup fait semblant, je ne me demandais pas ce que je ressentais et je supportais. Et s’il est aujourd’hui hors de question de faire peser ça sur ma mère qui elle, adore Noël depuis que je suis née (26 ans tout de même), elle sait ce que j’en pense. Noël me rappelle qu’on peut mourir, qu’il n’est plus là, qu’on est que toutes les deux, au fond.
    Mais je dois nuancer. Avec le temps, Noël n’est plus si difficile à vivre. Ce n’est juste pas un moment attendu. J’essaie de profiter des bons côtés (retour à la maison, je vois mes proches, je mange bien et j’offre des cadeaux qui font sourire), mais pas plus. Je pense malgré qu’apprendre, il y a un an, que ma mère était elle aussi malade à 3 jours de Noël à paradoxalement redonné du sens à cette fête (surtout maintenant qu’elle est guérie).

    Petite aparté sur le besoin de parler de l’absent : je l’ai longtemps pas fait, parce que lire de la pitié ou de la gêne dans le regard d’autrui m’était juste insupportable. Et puis j’ai décidé que j’en avais plus rien à foutre, et que ça ne regardait que les autres, ce malaise. Alors j’en parle à tout moment, et je me suis rendue compte que la légèreté dont j’étais aujourd’hui capable facilitait grandement la vie aux autres. Je ne peux parler vraiment de lui qu’avec les gens qui l’ont connu, mais pouvoir l’évoquer au quotidien sans difficulté m’aide à le garder présent. (Bon, après 4 ans j’en aurais été incapable je pense, je te dis ça 8 ans et des années de thérapie plus tard, je sais que c’est douloureux).

    Désolée pour ce pavé égocentré, je voulais, finalement, te dire simplement que tu n’es pas seule, que contrairement à ce qu’on croit, plein de gens n’aiment pas Noël. J’espère que tu trouveras un peu de douceur auprès de ceux que tu aimes.

    1. Merci, merci merci pour ce commentaire 🙂
      Je sais que même après 4 ans j’ai encore pas mal de chemin à faire…
      J’espère que tu passés de doux moments auprès de tes proches.

  5. Votre article ne mérite pas d’être supprimé, au contraire ! J’espère que l’écrire vous a fait du bien comme le lire l’a été pour moi. Avec tristesse et joie mélangées, je vous souhaite une belle fin d’année

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