Dernières lectures

J’ai accumulé un retard assez important dans mes comptes-rendus de lectures… Il semble que ces derniers mois je lis plus vite que je ne les rédige ! Je vais essayer de rattraper ça, en prévoyant plusieurs articles lectures pour les prochaines semaines.

Frankie Addams de Carson McCullers

Résumé : « Cher papa, C’est une lettre d’adieu, en attendant que je t’écrive d’un autre endroit. Je t’avais prévenu que je quitterais cette ville parce que je ne pouvais pas faire autrement. Je ne peux pas supporter plus longtemps cette existence, parce que la vie est devenue pour moi un fardeau. J’ai pris le revolver parce qu’on ne sait jamais, mais je peux en avoir besoin, et je te renverrai l’argent à la première occasion. Dis à Bérénice qu’elle ne s’inquiète pas. Tout est venu de l’ironie du sort, et ça ne pouvait pas être autrement. Je t’écrirai plus tard. Papa, je t’en prie, n’essaie pas de me rattraper. Bien à toi. Frances Addams. »

Mon avis : j’ai adoré ce court roman qui m’a beaucoup fait penser à « The catcher in the rye », un de mes romans préférés.
Nous sommes dans une petite ville du Sud des Etats-Unis en plein coeur d’un été caniculaire. Frankie Addams, 12 ans, jeune fille fantasque et garçon manqué, traîne son ennui et son mal-être entre la cuisinière noire, Bérénice, et son cousin de 6 ans, John Henry. Au fil des pages, on découvre un personnage extrêmement touchant, confronté à une immense solitude à quelques jours du mariage de son frère dont elle est très proche.
Ce livre a été écrit en 1946 mais il a quelque chose d’universel dans la manière criante de vérité de décrire le mal être que nous traversons à la sortie de l’enfance. Cette période où nous sommes coincés entre un présent insatisfaisant et un avenir auquel il n’est pas encore possible de à donner forme.

Un certain M. Piekielny de François-Henri Désérable

Résumé : « Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny… »
Quand il fit la promesse à ce M. Piekielny, son voisin, qui ressemblait à « une souris triste », Roman Kacew était enfant. Devenu adulte, résistant, diplomate, écrivain sous le nom de Romain Gary, il s’en est toujours acquitté : « Des estrades de l’ONU à l’Ambassade de Londres, du Palais Fédéral de Berne à l’Élysée, devant Charles de Gaulle et Vichinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je n’ai jamais manqué de mentionner l’existence du petit homme », raconte-t-il dans La promesse de l’aube, son autobiographie romancée.
Un jour de mai, des hasards m’ont jeté devant le n° 16 de la rue Grande-Pohulanka. J’ai décidé, ce jour-là, de partir à la recherche d’un certain M. Piekielny.

Mon avis : gros coup de coeur pour ce roman de la rentrée littéraire. Il faut dire qu’étant une fan absolue de Romain Gary, j’étais a moitié conquise avant même de débuter la première page.
Ce roman est donc entièrement basé sur une simple phrase de « La promesse de l’aube » de Romain Gary. Un point de départ qui semble un peu mince mais qui donne un roman extrêmement riche qui nous entraine dans une enquête dans les pas d'(in)certain M. Piekielny, avec son lot d’hypothèses et de fausses pistes. Bien souvent M. Piekielny devient un prétexte pour explorer la vie de Gary, cet auteur si fascinant qui a toujours brouillé les pistes entre fiction et réalité, mais aussi celle de François-Henri Désérable qui s’amuse à faire des parallèles entre la vie de Gary et la sienne. On retrouve d’ailleurs dans ce livre l’étincelle d’humour qui caractérise Gary et cette volonté de faire entrer la fiction dans le réel.

Je pense qu’il faut avoir lu la promesse pour pleinement apprécier ce roman. Si ce n’est pas le cas, ne fuyez pas, cela reste un roman passionnant, très bien écrit qui vous donnera forcément envie de découvrir l’oeuvre de Gary.

Les Pêcheurs de Chigozie Obioma

Résumé : Un jour de janvier 1996, dans un village du Nigeria, quatre frères profitent de l’absence de leur père pour pêcher au bord du fleuve interdit Omi-Ala.
Le sorcier Abulu, qui les a vus, lance sur eux une terrible malédiction : l’aîné, Ikenna, mourra assassiné par l’un de ses frères. La prophétie bouleverse les esprits, et hante la famille jusqu’au dénouement tragique.

Mon avis : encore une très belle lecture que ce roman à la fois beau et terrible. Chigozie Obioma a des talents de conteur. Son écriture fluide et imagée nous fait voyager au Nigeria dans cette fratrie si soudée qui peu à peu va se déliter. Cette histoire se déroule comme une tragédie grecque, dont l’issue inexorable fascine autant que nous la redoutons. Impossible pourtant de reposer ce roman tant on espère voir les enfants échapper à l’issue de la prophétie. A travers ces pages, on découvre culture fascinante avec ses croyances et la puissance donnée aux mots qui peuvent changer un destin.

Un loup pour l’homme de Brigitte Giraud

Résumé : Printemps 1960. Au moment même où Antoine apprend que Lila, sa toute jeune épouse, est enceinte, il est appelé pour l’Algérie. Engagé dans un conflit dont les enjeux d’emblée le dépassent, il demande à ne pas tenir une arme et se retrouve infirmier à l’hôpital militaire de Sidi-Bel-Abbès. À l’étage, Oscar, un jeune caporal amputé d’une jambe et enfermé dans un mutisme têtu, l’aimante étrangement : avec lui, Antoine découvre la véritable raison d’être de sa présence ici. Pour Oscar, « tout est à recommencer » et, en premier lieu retrouver la parole, raconter ce qui l’a laissé mutique. Même l’arrivée de Lila, venue le rejoindre, ne saura le détourner d’Oscar, dont il faudra entendre le récit, un conte sauvage d’hommes devenus loups.

Mon avis : un roman agréable mais celui qui m’aura le moins « marqué » parmi ceux que je vous présente aujourd’hui. Ce que j’ai trouvé intéressant dans ce roman c’est surtout son aspect historique. J’ai très peu lu de roman sur la guerre d’Algérie et j’ai aimé découvrir cette période à travers les yeux « innocents » d’Antoine. Au fond on parle peu de la guerre dans ce roman mais plutôt de ceux qui la vivent. Ces hommes et femmes qui se sont retrouvés embarqués dans cette grande machine qui va tout bouleverser.

8 commentaires

  1. Je note ces bouquins ! Maintenant j’ai une Kobo, j’ai encore un peu de mal à m’y faire mais c’est génial pour obtenir plein de bouquins !
    Là je suis sur Bouvard et Pécuchet de Flaubert, je ne lâche pas l’affaire mais j’avoue qu’il ne me passionne pas des masses 😦

    1. Moi aussi j’ai une kobo. C’est tellement pratique pour voyager 🙂
      Je connais le moment frustrant ou tu « stagnes » dans un roman ^^ du coup j’essaie d’alterner les genres. Entre classiques (en ce moment je lis « far from the madding crowd »), policier, romans contemporains, fantaisie…

      1. Oui !! J’abandonne quasiment jamais un livre, je le vis comme un échec (même si je sais que c’est ridicule!). Du coup maintenant ma technique c’est de le finir en lisant en diagonale…

      2. On est un peu ridicule !! Ce serait tellement plus logique d’abandonner et de passer du temps à lire un livre qui nous enthousiasme vraiment 🙂

  2. Jolies lectures, je note les trois premières (j’ai tous les livres de McCullers, reste à trouver le temps, tu me rappelles de le faire rapidement surtout en citant mon auteur préféré (Salinger)

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