Sélection lecture : il était une fois l’Amérique

Pour changer un peu, j’ai décidé de vous proposer des billets de lecture thématique ! J’ai pas mal lu en 2015 et j’ai beaucoup de retard à rattraper sur ce blog. Plutôt que vous faire partager mes lectures mois par mois, pourquoi ne pas les regrouper lorsqu’elles présentent un point commun ?

Aujourd’hui je vous parle de trois romans se déroulant aux Etats Unis. Trois regards différents sur ce pays qui nous fascinent beaucoup. Le premier nous permet de découvrir les Etats Unis à travers les yeux des émigrants européens, le deuxième explore les relations troubles avec les populations indiennes et dans le dernier l’auteur explore une Amérique moderne en plein renouvellement de ses fondements.

6d5c4e3020e950c47e9795dbd466b312

  • Bohemian Flats de Mary Relindes Ellis

Bohemian Flats débute en Allemagne en 1881 pour se terminer aux Etats Unis en 1968. A la fin du 19ème siècle à Augsbourg, Albert et Ruimund Kaufman ont peu de perspective d’avenir. Leur grand frère Otto va hériter de la ferme familiale leur laissant le choix entre la prêtrise ou l’armée. Mais leur rencontre avec la riche et cultivée famille Richter va leur ouvrir une autre voie. Virgil, le père les prend sous son aile tandis que Albert tombe sous le charme de Magda, la fille ainée de la famille Richter.

Pour tous les trois l’Amérique est une porte de sortie, une occasion de repartir à zéro une nouvelle vie qui commence même si de nombreux sacrifice les attends. Magda, Albert et Raymond commence une nouvelle vie à Minneapolis dans le quartier réservé aux nouveaux émigrés, Bohemian Flats. Ils rejoignent une communauté où cohabitent des immigrés tchèques, irlandais, finlandais, suédois et juifs et où se mêlent religions et traditions de toute l’Europe.

Ce livre m’a été prêté par une amie car l’histoire se déroule (en grande partie) à Minneapolis 🙂 Au delà de me replonger dans l’univers de cette ville chère à mon coeur, je l’ai trouvé très intéressant. Le propos est avant tout de dessiner un pays en devenir, multi-ethnique où se confrontent les cultures, les traditions, où le racisme et le communautarisme sont omniprésents. En même temps j’ai été très touchée par les relations entre émigrés.

L’auteur semble toujours hésiter entre le romanesque et le documentaire. Le ton est parfois un peu didactique mais cela reste un livre agréable à lire est très intéressant sur la construction des Etats-Unis.

  • 1000 Femmes Blanches de Jim Fergus

Cette histoire pour le moins originale est basée sur un fait historique : En 1875, un chef cheyenne, Little Wolf, se rend à Washington pour demander au président Grant de lui faire présent de mille femmes blanches, dans le but d’assurer les relations entre les peuples indien et américain au travers d’une future génération d’enfants métisses. Les volontaires seront recrutées pour la plupart dans les pénitenciers et les asiles de fous. Partant de ce fait historique, Jim Fergus a écrit son roman du côté de ces femmes « marchandée » à travers les carnets fictifs de l’une d’elles, May Dodd.

May y retrace leur périple, leur découverte d’un peuple aux coutumes subtiles et étonnantes. Le format de journaux intimes nous permet de partager ses appréhensions et doutes, mais aussi son émerveillement devant une civilisation respectueuse des individus et de l’environnement.

J’ai été un petit peu déçu par ce livre car je ne m’attendais pas à un ton aussi léger. Les évènements relatés sont loin d’être toujours gais (comme par exemple le raid du camp cheyenne par une autre communauté indienne) pourtant le ton de l’héroïne est toujours un peu détaché. J’ai préféré les personnages secondaires à cette héroïne un peu trop « parfaite ».

En revanche j’ai trouvé l’histoire très intéressante. Car si certains postulats sont un peu stéréotypés et les personnages féminins bien trop libérés pour l’époque, Jim Fergus nous fait toucher du doigt la réalité et la vérité du génocide indien. J’ai aussi beaucoup aimé parcourir les grands espaces nord-américains qui m’ont toujours beaucoup attirés.

  • American Rust de Philipp Meyer

(en français : Un arrière-goût de rouille)

511is2qnAKL

Mon livre préféré parmi cette sélection (il m’a fait penser à l’italien « D’acier » de Silvia Avallone que je vous recommande également !)

L’histoire se passe sur quelques jours dans un coin paumé des Etats Unis, Buell en Pennsylvanie, une ancienne région ouvrière. Le passé sidérurgique glorieux de la ville, omniprésent dans le roman, a laissé place à la misère, au délabrement et à la rouille. A vingt ans, unis par une improbable amitié, le chétif Isaac English et l’athlétique Billy Poe devraient être à l’université, mais aucun n’a quitté sa vallée natale. Tandis qu’Isaac le surdoué s’occupe de son père invalide, Billy lathlète raté. Quand le premier se décide enfin à quitter la ville pour tenter sa chance ailleurs, un incident va tout remettre en cause. Dans une usine désaffectée un SDF est retrouvé assassiné. Billy, coupable idéal est arrêté. Isaac choisit la fuite. En un instant le drame est noué. S’en suit une série de conséquences, mettant à mal toutes les loyautés – amicale, amoureuse et familiale.

Construit de manière polyphonique, les voix des différents personnages s’entremêlent et donnent un rythme soutenu. Ce sont celles d’Isaac et de Billy mais aussi de Grace, la mère de Billy, de Lee, la soeur d’Isaac et d’Harris, le chef de police chargé de l’enquête, amant de Grace.

J’ai beaucoup aimé se livre en premier pour la complexité de ses personnages. Pour une fois pas de personnage tout blanc ou noir mais des caractères et situations proches de la réalité. Certains essaient de réparer les conséquences de choix passés, d’autres essaient de vivre avec leur conscience, entre la beauté et la noblesse de leurs sentiments et les choix auxquels ils sont confrontés.

J’ai retrouvé cet aspect dans les descriptions de la nature somptueuse et inquiétante qui s’opposent au paysage industriel à l’abandon où évoluent les personnages. Inquiétants paysages de gares désaffectées et d’usines à l’abandon, bars glauques… Un environnement qui respire le désespoir et où pourtant la nature y est sans cesse célébrée.

Philipp Meyer signe un roman haletant et poignant qui saisit magistralement cette Amérique en pleine mutation, très loin des clichés ordinaires de  l’American Dream.

***

Avez vous lu un de ces romans ? En avez vous d’autres à me recom,ander sur ce thème ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s