4 livres pour cet automne

L’automne est la saison idéale pour bouquiner. Le temps devient plus froid, les journées raccourcissent. Autant de raison pour rester au chaud avec un bon bouquin 🙂

Je vous propose aujourd’hui 4 livres pour occuper vos journées pluvieuses : un roman plein de nostalgie au coeur de l’Angleterre des années 70, un prix Goncourt qui nous plonge dans l’après de la Première Guerre Mondiale, un thriller anglais et l’histoire bouleversante d’une greffe de coeur.

livres automne 2015

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Bienvenue au club de Jonathan Coe

Je crois l’avoir déjà mentionné ici plusieurs fois mais j’aime beaucoup la littérature anglaise contemporaine (et non contemporaine d’ailleurs, grâce aux soeurs Brontë). J’adore l’humour anglais à la fois très acide et plein de pudeur.

Jonathan Coe est un auteur que je connaissais donc déjà. Je vous avais parlé de
Testament à l’anglaise pour lequel j’avais eu un vrai coup de coeur. Après l’avoir fini j’avais immédiatement ajouté « Bienvenue au Club » sur ma PAL.

L’histoire se passe dans les années 70 en Angleterre. en plein thatchérisme le pays vie une véritable révolution sociale. Pourtant Benjamin, Philip, Doug et leurs amis ont d’autres choses en tête : survivre aux années lycées, oser parler aux filles, monter un groupe de musique…

Encore une fois j’ai adoré ce roman de Jonathan Coe. J’ai beaucoup aimé suivre ces histoires de lycéens sur fond de réalité politique et sociale (les grèves, menées par les puissants syndicats de l’époque en Angleterre, les attentats de l’IRA,…). Ce que j’aime chez Coe c’est son humour bien sur mais aussi  cette faculté de nous toucher, et de rendre ses personnages tellement attachants que l’on ne veut plus les quitter. J’ai ressenti cela encore plus dans ce romans que dans ses autres livres. Il faut dire que les expériences que traversent nos héros lycéens sont universelles : le passage de l’adolescence à l’age adulte et les désillusions qui l’accompagne. Il y a beaucoup de tendresse dans ce livre. Un excellent roman dont on sort un peu nostalgique du temps de cette fin d’enfance où tout paraissait encore possible…

Si ce n’est déjà fait je vous invite à découvrir un des romans de Jonathan Coe au plus vite.

lu en anglais

Au revoir la haut de Pierre Lemaître

J’avais acheté Au Revoir la Haut, prix Goncourt 2013 il y a un moment mais j’ai mis un certain temps avant de m’y plonger. Je craignais un récit trop lourd voir carrément anxiogène et qu’elle ne fut pas mon plaisir de tomber sur un livre aussi lumineux sur la première guerre mondiale (oui c’est possible).

Pourtant tout n’est pas rose et les horreurs de la Grande Guerre ne nous sont pas épargnées.

Pour le résumé, ne vous fiez pas à la quatrième de couverture que j’ai trouvé assez trompeuse… L’histoire débute à la fin de la Première Guerre mondiale, où nous faisons la rencontre deux Poilus, Édouard Péricourt (fils de la haute bourgeoisie, dessinateur fantasque et homosexuel rejeté par son père) et Albert Maillard, modeste comptable. Tout les oppose et pourtant leurs vies vont se retrouver inextricablement liées. Le 2 novembre 1918, à la veille de la fin de la Grande Guerre, Albert devient témoin malgré lui d’un crime atroce commis par le lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle, aristocrate arriviste prêt à tout pour monter en grade. Il ne parvient à échapper à la vengeance du lieutenant que grave à l’intervention d’Edouard qui sauve Albert d’une mort atroce au prix de sa défiguration par un éclat d’obus.

Démobilisés, ces deux laissés pour compte vont alors débuter un drôle d’amitié et faire face à l’indifférence d’une nation entière face aux rescapés de cette drôle de guerre.

C’est un récit à la fois très noir, le lieutenant d’Aulnay-Pradelle incarnant ce qu’il y a de pire chez l’être humain (qui n’est pas sans rappeler certains personnages de Zola) et très touchant, le personnage d’Albert dégageant un humanité sans borne. On ne peut s’empêcher de jubiler lorsque les deux comparses décident de prendre leur revanche contre cette société qui les ignore.

Certe c’est un livre conséquent, mais le roman de Pierre Lemaître est mené comme un polar avec de nombreux rebondissements et une chute réussie. On ne décroche pas jusqu’à la dernière page.

The girl on the train (La fille du train) de Paula Hawkins

Je me devais d’inclure un polar dans cette sélection ! On a beaucoup entendu parler de ce roman (en tout cas en Irlande) mais j’avoue avoir été déçue…

Petit résumé avant d’en venir au fond : depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 l’après-midi. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte. Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

C’est plutôt bien écrit, le rythme est bon, mais j’ai découvert bien trop tôt le pot aux roses (side note: d’où vient cette expression ?!). Si j’aime essayer de trouver moi même la solution quand je lis un roman policier/thriller, j’aime aussi être surprise par le twist final. La il n’a fait que confirmer mes (forts) soupçons.

J’ai en revanche bien aimé les différents portraits de femmes, qui affrontent toutes leurs propres démons.

En bref : Une lecture agréables mais pas la polar de l’année.

Lu en anglais

Réparer les vivants de Maylis de Kérangal

Je termine sur ce court roman qui a fait beaucoup parlé de lui lors de sa sortie. Il faut dire que ce roman raconte une histoire insolite: l’histoire d’une transplantation cardiaque.

C’est l’histoire de Simon Limbres jeune homme de 17 ans, fou de surf, qui suite à un accident de la route, est déclaré en état de mort cérébrale.

C’est l’histoire de sa famille qui se retrouve devant un choix impossible.

C’est l’histoire de tous les médecins et infirmiers impliqué dans le processus au cours de cette nuit capitale.

Et c’est l’histoire de Claire Mejean,qui reçoit l’appel qui va changer sa vie, « Nous avons un coeur »…

L’histoire de 24 heures haletantes. Une histoire de mort, un histoire de vies.

L’écriture de Maylis de Kérangal est d’une justesse admirable. Avec un sujet si sensible elle arrive à ne jamais tomber dans le pathos. Le récit alterne entre description du protocole médical (très précis mais jamais ennuyant) et détails intimes sur tous les acteurs de ce drame. Au delà de la mécanique à l’oeuvre, Maylis de Kérangal aborde aussi le sens spirituel, la doube dimensiondu coeur, organe mais aussi réceptacle symbolique de nos émotions.

Un magnifique roman que je conseille à tout le monde.

4 commentaires

  1. J’ai lu Réparer les vivants cet été, enfin pas lu mais dévorée. L’écriture est belle, fluide, sensible. L’histoire est touchante et tellement juste. C’est pour moi un sujet sur lequel nous devrions plus communiquer, et je ne vois pas comment mieux faire que par un livre si bien écrit.

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