Exposition : Cézanne et Paris au Musée du Luxembourg

Si on connait principalement Cézanne pour ses peintures de Provence, le musée du Luxembourg nous présente le peintre sous un jour nouveau. Organisée en collaboration avec le Petit Palais, l’exposition réunit environ 80 œuvres majeures issues du monde entier. Une expo qui m’a plutôt convaincue même si Cézanne n’est pas mon peintre favori.


Cézanne arrive à Paris en 1861, à 21 ans avec l’intention de devenir peintre. Il passera en réalité plus de temps dans la capitale qu’en Province bien que Paris soit le sujet de très peu de tableaux de l’artiste. Pourtant c’est à Paris que Cézanne découvre vraiment la nature et la peinture in situ.Et même lorsqu’il s’installera à Aix-en-Provence, il ne cessera de revenir à Paris

Cette exposition, assez courte, regroupe les oeuvres du peintre autour de sept salles :

Peindre Paris : Il existe en définitive très peu de tableaux de Paris intra muros dans l’oeuvre de Cézanne choisissant des motifs inattendus dont aucun n’est un «portrait de ville». Ce tableau est l’unique vue de Paris que peindra Cézanne alors qu’il habitait Rue de l’Ouest.

Cézanne et Zola : Les deux artistes devinrent amis à l’école d’Aix-en-Provence dès 1852. Leur amitié se poursuivra à Paris où Zola soutiendra le peintre moralement et financièrement. Les deux artistes s’isnpireront l’un l’autre : Nu féminin de Cézanne fut par exemple inspiré de Nana de Zola.

Les maîtres anciens: Du Louvre, dont Pissarro dit vouloir la destruction, Cézanne fait son « Ecole ». Il s’y précipite, carnet de croquis en mains, dès son arrivée à Paris. Il y retourne tout au long de sa vie artistique pour nourrir son regard des chefs d’oeuvres et pour garder la main en copiant un motif, une figure dont l’attitude inspirera un Baigneur ou une Baigneuse. «Le Louvre est le livre où nous apprenons à lire», écrit-il à Emile Bernard un an avant sa mort ! Parfois, il fait quelques copies à l’huile à partir de maîtres tel Rembrandt (Bethsabée) ou Delacroix (Dante et Virgile) pour lequel il envisage de peindre une Apothéose. Lui qui dit vouloir «faire du Poussin sur nature» regarde peu du côté du maître du classicisme français, mais s’attache à ceux du mouvement et de la couleur tels Rubens, Véronèse, Signorelli et, toujours, Delacroix. La sculpture le retient souvent, toutes périodes confondues : les antiques, Michel-Ange, Puget, Coysevox, Pajou voire Préault et Mercié.

Auvers/Pontoise/Melun : Après la Commune, dont Paris sort traumatisée, Cézanne, devenu père en janvier 1872, cherche une distance avec la grande ville. Il rejoint Pissarro du côté de Pontoise et s’installe plus d’une année à Auvers-sur-Oise. Il accompagne Guillaumin à Issy-les-Moulineaux. Le peintre quitte l’atelier, travaille sur le motif, éclaircit sa palette et s’astreint à la technique divisionniste adoptée par ses camarades qu’on va bientôt appeler «impressionnistes». C’est pour aussitôt s’en écarter et construire ses toiles par la couleur. Lorsqu’il passe une année seul à Melun en 1879-1880, et peint Le Pont de Maincy, Cézanne a trouvé sa voie.

Le Docteur Gachet : Par l’intermédiaire de Pissarro, Cézanne fait la connaissance du docteur Gachet, amateur d’art, collectionneur et graveur. Guillaumin, installé à Issy-les-Moulineaux, les rejoint parfois à Auvers-sur-Oise. Entre les quatre hommes s’instaure une atmosphère de camaraderie et d’émulation. Dès que le temps le permet, ils partent travailler ensemble «sur le motif» et, les mauvais jours, ils se retrouvent chez Gachet pour exécuter leurs portraits croisés, ou s’initier à la gravure. Durant son séjour à Auvers-sur-Oise, Cézanne exécute cinq eaux-fortes empreintes d’une belle énergie malgré leur maladresse technique.

La tentation de Paris :  Cézanne, d’un tempérament violent et tourmenté, dépasse les orgies orientales de Delacroix, les provocations érotiques de Courbet, aussi bien que les audaces de Manet en faisant de l’Éternel féminin une idole presque vulgaire ! Lui-même comprend qu’il risque alors de s’enfermer dans une provocation stérile. Comment y échapper ? La femme va devenir « baigneuse » au soleil de Provence.

Les voies du silence : Durant les quinze dernières années de sa vie, Cézanne pourrait rester en Provence où il dispose d’ateliers et des motifs de son enfance. Il est à présent connu des amateurs. A partir de 1895, les expositions se succèdent jusqu’à sa consécration du Salon d’automne de 1904. Pourtant, entre 1888 et sa mort en 1906, Cézanne remonte huit fois en région parisienne. Fuyant les mondanités, il part méditer, le pinceau à la main, dans le silence et la solitude, à Chantilly d’abord puis sur les bords de la Marne ou du côté de Fontainebleau et de Marlotte.

En bref : une exposition très intéressante, contenant beaucoup de tableaux inédits. On pardonne une expo un peu trop courte étant donné que Paris n’est pas le thème sur lequel l’artiste a été le plus prolixe. Non seulement j’ai beaucoup appris sur la vie du peintre et ses inspirations, mais j’ai également trouvé que les tableaux montraient une réelle diversité dans la technique. A tel point que parfois je me suis demandé s’il s’agissait du même artiste d’un tableau à l’autre !

« Cézanne et Paris », Musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, Paris 6e

Du 12 octobre 2011 au 26 février 2012

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